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Vendredi 22 août 2008 5 22 /08 /Août /2008 08:01

Je dors, crevé, écroulé comme une masse

Trop tôt levé, émotions

Je dors sans rêves

Je m’éveille, regarde l’heure, me retourne

Je dors encore, sommeil agité

Je l’entends, petits bruits rassurants

Elle est là, tout près, dans l’autre pièce

Cliquetis de clavier, briquet qui claque, fumée

Je dors, je sombre à nouveau, sur le ventre

Une plume sur mon dos, non, pas une plume

Des doigts légers qui le parcourent, le caressent

Une paume à présent qui épouse ma peau

Je ne dors plus, je suis chat, je vibre

Je souris dans mon coude replié

Je tourne la tête, je la vois penchée sur moi

D’un murmure elle m’apaise

Ses doigts encore, frissons

Sa peau contre la mienne,

Nos bouches qui s’effleurent

Nos yeux qui se sourient, et les miens qui se ferment

Je ne la vois plus, juste sa tiédeur contre mes reins

Je dors dans son rêve

 

Elle dort, paisible

Eveillé, appuyé sur mon coude je la regarde

Son sommeil lui rend toutes ses innocences

Sommeil d’enfance, tout est lisse

Elle dort, souriant à son rêve

Doucement, du bout des doigts, je remonte une mèche sur son front

J’effleure sa joue, dessine ses lèvres

Ma caresse descend sur sa peau

Cherche les creux de son dos, fossettes imprévues

Que je connais si bien

Je ferme les yeux, je la devine sous ma main

Je la regarde encore

Son sourire de petite fille s’allume doucement

Elle dort et pourtant elle me perçoit

De ma bouche hésitante je risque un baiser doux

Et puis un autre encore

Elle est si douce, si tiède, abandonnée

Livrée à ma tendresse

 

Drainnnggg, le réveil explose, sonne, tonitrue

Je sursaute, le cherche dans la pénombre, l’attrape, n’arrive pas à l’arrêter

Le bâillonne enfin de mes doigts agités

Elle a ses yeux grands ouverts, je lui prends la bouche

Comme une excuse maladroite

Dors ma princesse, dors ma geôlière

Ce n’est que moi qui m’éveille, qui part

Qui vais chercher ce putain de train qui nous sépare

Dors, mon ombre reste pour te veiller

Et tout à l’heure

Quand doucement tu t’éveilleras

Il restera sur notre couche un peu de mon parfum

Pour te dire tendrement que je suis déjà en route

Et que je reviendrai me livrer

 

Par genepi - Publié dans : poemes - Communauté : vos poèmes
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