quelques pas perdus à votre bras...
quand la lune pleure sur le Sacré-Coeur
Quelques pas perdus dans Paris à votre bras
Les noms des rues, boulevards, places et avenues
Défilent et se succèdent rythmant notre croisière
Les églises vous arrêtent toujours plus longtemps
Comme une pause, une respiration nouvelle
Elles vous parlent toutes et vous me les faites aimer
Pour la spiritualité qu’elles émanent
Je vous imagine les caressant au creux de votre main
Leur créant des rondeurs, en effaçant l’austérité
En ouvrant les portes aux pèlerins de leur foi
Ventres ouverts où la sérénité pénètre
Et s’enfle aux statues dont les symboles se sont perdus
Nous les effleurons et j’en sens le souffle
Et doucement vous m’entraînez plus loin
Vers d’autres rues, d’autres visages inconnus et pressés
Que nous croisons sur notre tapis volant
Quelques uns tournent la tête
Comme si le vent de notre passion les décoiffait soudain
Je me penche et j’effleure votre cou de mes lèvres
Cet imperceptible mouvement de votre tête contre moi
Me murmure combien ce baiser vous est doux
Je glisse dans votre ombre…
Passager immobile de ce train anonyme
Qui file sur ses rails, tout d’acier bleu
Je somnole indolent contre la vitre froide
Je viens à vous dans cette foule pressée
Cravatée, costumée, parlant déjà d’affaires
De rendez-vous, de déjeuner….
Ou lisant des journaux presque tous identiques
Comme pour conjurer l’individualité
Le chat est comme moi, dans sa cage il dort
Petite boule noire roulée et paisible
Et quand son œil vert s’ouvre quelquefois
Il me jette un regard étonné de ce soudain voyage
Je m’étire lentement entre mes deux mondes
Bientôt je serai dans le votre, dépouillé du mien
Envahi de vos yeux, qui levés vers moi
Me diront dans leurs étoiles combien vous m’attendiez
Mon quotidien s’effiloche au gré du voyage
Et quand je me jetterai dans le souterrain du métro
Je ne serai déjà plus qu’à vous
Porté par cette indicible force qui me ramène dans vos bras
Et votre étreinte enfin m’illuminera
Passager immobile de ce train anonyme
Qui file sur les rails, tout d’acier bleu
Je m’éveille souriant à ce jour qui commence
Je viens à vous dans cette foule pressée
Que j’ignore tout à coup, masse indéfinie
De corps affairés à l’âme soudain sèche
Trop occupés qu’ils sont de leur banalité
Je viens à vous avec mon chaton noir
Qui ne sait pas encore qu’il s’appelle Maestro
Le jour dévoile à peine les montagnes
Comme des traits bleus sombres supportant le ciel
C’est l’heure sans vent où rien ne bouge
La terre émerge lentement de la nuit
Et je l’observe derrière ma vitre
Désirant ce moment subtil où j’ouvre la fenêtre
Pour faire rentrer le chat et l’air si frais
D’un matin de septembre
C’est bien ce qu’il me faut après une nuit sans caresses
Après un réveil mou sous une couette informe
Quand mes bras vous cherchent
Et que ma peau vous appelle
Et rien.
Rien qu’une place froide dans un lit trop grand
Rien que des yeux lourds de sommeil
Et peut-être une petite larme
Si discrète qu’on l’attribue à la nuit
Je reviens lentement au monde
Devant un café fort et fumant
Me perds dans un livre
J’aime la lecture le matin, seul
Je le sais, vous dormez encore, là bas
Je rêve de l’étrange sourire de votre sommeil
Qui s’allume sous mes doigts
Des mèches folles que je remonte sur votre front
Et qui s’obstinent à retomber
De cette façon que vous avez de me happer
Sans même ouvrir les yeux
Et de ne me laisser que mes mains
Pour des caresses douces et lentes
Qui vous font vibrer et ne vous éveillent point
Le ciel est clair maintenant et je frissonne un peu
Est-ce de froid ou d’absence ?
La journée sera belle et chaude pourtant
Pourquoi cette impression alors
Que je vais la traverser comme un désert
Automne mélancolique
Paraître et faire semblant
Folle envie de courir dans vos bras
Je vous envoie mon âme, gardez-là au chaud
Contre votre cœur si doux
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